Ces dernières semaines ont été marquées par une escalade meurtrière de la répression au Jammu-et-Cachemire sous administration pakistanaise. En juin et juillet, les forces armées pakistanaises ont tué au moins 90 personnes. Rien qu’entre le 28 et le 30 juillet, au moins 35 personnes ont été tuées dans la ville de Rawalakot. Cet épisode fait suite à un massacre survenu début juin, lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur un sit-in, tuant au moins dix personnes à Rawalakot.
Cette dernière vague de violence est la réponse de l’État pakistanais aux manifestations populaires réclamant des droits démocratiques et sociaux. Ces manifestations ont notamment été organisées par le Joint Awami Action Committee (JAAC), un mouvement social qui a vu le jour au cours des trois dernières années. Le JAAC rassemble des militant·es de la société civile et des forces démocratiques au sein d’un mouvement qui réclame à la fois une aide économique immédiate pour la population du Jammu-et-Cachemire et des droits démocratiques.
L’État pakistanais a répondu à ce mouvement de masse par un large éventail de mesures répressives visant à l’écraser. Il a même recouru à des mesures s’apparentant à des punitions collectives en restreignant l’accès à la nourriture et aux soins médicaux. Mais malgré les raids, les arrestations, le black-out médiatique et le recours à une force meurtrière, le mouvement a persisté.
Sur le papier, le Jammu-et-Cachemire est une région autonome dotée de son propre parlement et de son propre Premier ministre. En réalité, la région est soumise à une forme de contrôle de la part de l’État pakistanais que l’on ne peut qualifier que de coloniale. L’État pakistanais assure notamment son contrôle grâce à douze sièges au sein du parlement du Jammu-et-Cachemire (Assemblée législative), officiellement destinés à représenter les réfugié·es originaires du Jammu-et-Cachemire sous contrôle indien, qui vivent désormais au Pakistan. Ces sièges sont toutefois contrôlés par l’État pakistanais. Le JAAC a tout à fait raison de faire de la suppression de ces sièges l’une des revendications centrales de sa Charte de revendications.
Si le recours à la violence n’est pas une nouveauté pour l’État pakistanais, les récents massacres constituent une escalade brutale de la répression. Ils témoignent de la réticence de l’État pakistanais à répondre à des revendications démocratiques légitimes. Mais malgré sa violence meurtrière, l’État pakistanais n’est pas parvenu à briser le mouvement. L’organisation et les manifestations se poursuivent, rassemblant des dizaines de milliers de personnes. Il convient notamment de noter que des milliers de femmes sont descendues dans la rue. Il s’agit là d’une évolution nouvelle dans la politique du Jammu-et-Cachemire, qui témoigne du large soutien dont bénéficie le mouvement en cours. Face à une violence meurtrière et à la menace de nouveaux massacres, la population du Jammu-et-Cachemire sous administration pakistanaise a fait preuve de courage et de détermination.
- La Quatrième Internationale est solidaire de la population du Jammu-et-Cachemire et des revendications légitimes formulées dans le programme du JAAC.
- Nous appelons les forces démocratiques et progressistes au Pakistan et dans le monde entier à condamner la répression et la violence.
- Nous exigeons que justice soit rendue pour les nombreuses vies perdues, qu’une enquête indépendante soit menée sur les meurtres, que les forces de sécurité se retirent et qu’il soit mis fin aux restrictions d’accès à la nourriture, au carburant et aux soins médicaux.
À l’instar des peuples opprimés ailleurs dans le monde, la population du Jammu-et-Cachemire a le droit de décider de son propre avenir.
Déclaration du Secrétariat du Bureau exécutif de la Quatrième Internationale
31/07/2026